Retour sur les rencontres professionnelles de la solidarité numérique de Bordeaux, le 28/08/2019

Ils le savaient tous en s’y rendant : cette journée serait historique. Après les Assises de la médiation numérique de Bordeaux en 2016, voilà une journée très attendue par les acteurs et qui risque elle aussi de faire date. Parce que sous ces verrières Eiffel du marché des Douves se sont réunis le monde du numérique et le monde de la solidarité, rendant ainsi concret et tangible le constat fait par tous : les frontières, de plus en plus poreuses, en ont fait un seul et même monde. 

Deux consensus majeurs sont ressortis au cours de cette journée d’échanges. Tout d’abord, chacun s’accorde à dire que la dématérialisation est un bienfait dans de nombreuses situations et pour beaucoup de personnes (celles qui ne peuvent pas se déplacer ou qui ont des horaires décalés par exemple).

C’est son caractère obligatoire qui la rend problématique, voire néfaste. « Quand elle devient obligatoire, elle devient excluante » affirme Jacques-François Marchandise, délégué général de la FING. C’est donc cette injonction au tout-numérique qui creuse les inégalités.

Le rôle des tiers est fondamental dans ce parcours d’accès aux droits, d’autant qu’il est souvent invisible et échappe aux statistiques, expose le sociologue Pierre Mazet. Les questions de la responsabilité et de la déontologie sont entre autres abordées sur le site aidants-connect, encore en construction et mentionné par le chercheur. Un site qui va devenir nécessaire car, selon Pierre Mazet, chercheur à l’Observatoire des non-recours aux droits et services « plus les services seront dématérialisés, plus on va voir arriver des gens dont on ignorait qu’ils ne savaient pas faire. » 

Ensuite, la question centrale qui s’est imposée dans tous les débats et ateliers, c’est celle de la possible coopération entre travailleurs sociaux et médiateurs numérique. Chacun avouant faire le travail de l’autre, sans être qualifié pour mais contraint par l’urgence de répondre aux besoins des personnes. Deux univers qui se connaissent parfois mal et qui sont appelés à se réunir, à se former, à croiser leurs compétences, leurs réseaux, leurs philosophies. Ils étaient tous là, attentifs, inquiets, enthousiastes, pour voir comment se dessinait ce nouveau métier, où personne ne menace l’autre mais où toutes les têtes sont les bienvenues, chacun le sait ou devra bien s’en convaincre.

Et puisqu’on parle de dessin, Guillaume Lefèvre « Punch Memory » s’est armé de ses plus beaux feutres pour mettre en image et en lumière les mots importants, les idées-clés, les absurdités et les jargons. La sève de chaque discussion couchée sur une planche. Prouesse graphique dans un temps resserré, exercice de synthèse complexe, la facilitation graphique se révèle aussi divertissante qu’utile à nos esprits voyageurs, car ces planches nous ramènent au cœur du sujet, aux priorités. 

Mais voyez plutôt, ces résumés d’ateliers menés au cours de la journée, animés respectivement par l’Atelier Graphite, le Département de la Gironde, Experteez, EPSO, Sésame, Opquast, la DGNSI, Emmaüs connect, le Nom Lieu et Médias-Cité.

crédit : Guillaume Lefèvre – punchmemory.com

Retrouvez aussi les grandes lignes des conférences de Pierre Mazet (Observatoire des non-recours aux droits et services) et de Jacques-François Marchandise (Fondation Internet Nouvelle Génération : http://fing.org) , documents rédigés et commentés par eux :

crédit image de Une : Guillaume Lefèvre – punchmemory.com